Renaissance de globes oubliés : les globes de Willem Jansz Blaeu (1622) conservés à la bibliothèque Inguimbertine de Carpentras

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Les globes célestes et terrestres du XVIIe siècle ayant subsisté jusqu’à nous sont aujourd’hui rares. Artefacts complexes et fragiles, ils attestent une réflexion intellectuelle particulièrement riche de la part de cartographes curieux des progrès scientifiques, mais aussi habiles et entre-
prenants. Ces œuvres, longues à exécuter et extrêmement coûteuses, véritables condensés de connaissances géographiques et astronomiques de cette époque, étaient destinées à une élite sociale et intellectuelle. Il fallut attendre le XVIe siècle et la mise au point de la technique
d’impression des globes à partir de fuseaux imprimés à plat puis montés sur des sphères pour que la production et la diffusion des globes se répandent dans toute l’Europe. Ces objets connurent au Siècle d’or hollandais un succès considérable, mais peu ont survécu aux injures
du temps. Les deux globes de Willem Jansz Blaeu constituent de ce fait un témoignage exceptionnel.
L’état de conservation de ces sphères, les techniques de fabrication ainsi que les différents procédés de restauration sont décrits dans cet article. Le mode opératoire a consisté en cinq étapes : 1. dépoussiérage, 2. allègement du vernis, 3. dépose des fuseaux gravés, 4. création d’un canevas inspiré d’une cartographie identique permettant de repositionner exactement par transparence les fuseaux originaux et 5. réintégration d’une lacune importante à partir d’un objet en trois dimensions.

La restauration du globe terrestre de Carpentras a fourni une occasion unique de réaliser une étude matérielle incluant l’analyse de la composition fibreuse des papiers ayant servi à réaliser le globe, ainsi que la caractérisation de la nature chimique de l’enduit, de la dorure et des
pigments par microscopie électronique à balayage couplée à une sonde de microanalyse X (MEB-EDS). Les analyses indiquent que les matériaux ayant servi à l’élaboration du globe sont de nature identique, les pâtes de ces trois papiers sont toutes constituées de fibres de lin/chanvre.
L’enduit se compose de quatre couches de carbonate de calcium, de granulométrie décroissante. L’examen de la dorure montre qu’il s’agit de paillettes d’or mélangées à
une toute petite quantité d’argent. La palette des pigments retrouvée sur l’ensemble de ce globe est restreinte : vermillon, noir de carbone, azurite, chlorure de cuivre et ocre jaune. L’utilisation de ces matériaux est conforme à l’emploi qui en était fait à l’époque de la fabrication de ces sphères. Ces résultats ont permis une meilleure compréhension de leurs techniques de fabrication.

Article issu du Support/Tracé n°17, disponibe en téléchargement immédiat.

Mots-clefs :

  • analyses physico- chimiques
  • restauration
  • conservation
  • globe terrestre

Auteur(s) :

  • Alain Roger
    Isabelle Suire
    Nathalie Buisson