Métal versus papier : restauration d’une œuvre graphique contemporaine
Empreinte de trois plaques de fer rouillées a été réalisée dans les années 1970 par Bernard Pagès, alors dans la mouvance du groupe d’avant-garde Supports/Surfaces. L’artiste a utilisé une technique d’impression consistant à enduire une plaque de fer d’acide chlorhydrique, pour promouvoir la formation de rouille, puis à prendre son empreinte sur papier. Avec le temps, l’association d’acide et de fer a provoqué d’im portants dommages dans le papier, le rendant brun et cassant, et interdisant toute manipulation ou exposition de l’œuvre.
Nous avons étudié la possibilité d’appliquer un traitement au phytate de calcium pour limiter la dégradation de l’œuvre, sans que son aspect visuel soit modifié. À
l’aide de fac-similés, nous avons testé l’introduction d’alcool dans les solutions de traitement, option qui n’a pas été retenue, car l’efficacité du traitement s’en trouve limitée. Ont été par ailleurs comparées les capacités de différents adhésifs à limiter l’absorption d’eau dans les papiers.
Le traitement finalement retenu correspond à une pré humidification à 85 % HR, suivie d’un traitement antioxydant et désacidifiant par flottaison sur un cadre de sérigraphie, puis d’un séchage sous feutres. Le sup port papier a été consolidé en réactivant un film de géla tine préalablement couché sur un papier japonais.
Article issu du Support/Tracé n°8, disponibe en téléchargement immédiat.
Mots-clefs :
- Phytate de calcium
- Rouille et papier
- Art contemporain
- Conservation-restauration
Auteur(s) :
