Les problèmes des rubans autoadhésifs : une recherche sur la restauration des œuvres d’art contemporain sur papier
L'article traite de la conservation du ruban auto-adhésif fixé sur papier et utilisé par quelques artistes contemporains comme moyen pictural. Ce ruban est susceptible de se détériorer rapidement, et les résidus de la dégradation pénètrent dans les matériaux poreux tels que le papier, qu’ils tachent et rendent cassants. Des traitements de conservation appropriés sont nécessaires.
Les recommandations pour la conservation préventive de ce type d’œuvre intègrent celles du plastique, du papier et de l’adhésif. La question de conserver les objets en atmosphère privée d’oxygène se pose pour certains matériaux synthétiques. Par ailleurs, il y a encore beau coup de questions concernant la restauration de ces matériaux, car leurs effets à long terme sont peu connus. Le nettoyage du ruban auto-adhésif avec des tampons de coton humides est généralement considéré comme inoffensif, mais des tests avec différents détergents ont montré qu’une éponge fine risque moins de rayer que ces tampons. Des analyses ont également été menées sur différents adhésifs pour refixer le ruban sur le papier, elles ont permis d’en sélectionner quelques-uns.
Des considérations éthiques ont été abordées à partir de l’œuvre de Joëlle Tuerlinckx écran documenta. L’opinion de cette artiste nous invite à reconsidérer l’idée que les matériaux originaux sont primordiaux. Pour elle, selon que la touche de l’artiste est essentielle ou non, rem placer des parties d’une œuvre peut être acceptable dans certaines conditions spécifiques. Cela nous conduit au cœur même d’un paradoxe : la conservation impose une modification de l’authenticité pour maintenir l’idée d’authenticité. Ce projet de recherche souligne le fait que l’art contemporain est un challenge.
Article issu du Support/Tracé n°8, disponibe en téléchargement immédiat.
Mots-clefs :
- Art contemporain sur papier
- Rubans autoadhésifs
- Conservation restauration
Auteur(s) :
